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C’est
dans une conjoncture caractérisée par une certaine
anarchie politique que se situe l’intervention Ottomane
en Algérie. Pas moins de trois Etats se livrent au Maghreb
des guerres cycliques. Face aux menaces extérieures, Espagnol
notamment pour le 16e siècle et aux dangers de la reconquista,
aucune autorité ne se montre au Maghreb central en mesure
de faire face militairement. L’intervention Ottomane supplée
donc à cette carence.
Le mode d’organisation
des turcs laisse une place à l’intervention des autorités
autochtones et le contrôle territorial direct est limité
aux villes et à leur banlieue.
En Grande Kabylie,
le contrôle des tribus est partiel et fluctuant. Avant de
l’évoquer il y a lieu de revenir un instant sur le
royaume de koukou. L’apparition des Ait-El-Kadi de Koukou
est contemporaine de l’implantation Ottomane.
Le premier
des Ait-El-Kadi, Ahmed est selon Said BOULIFA un ancien clerc
dans la province de Annaba et ce sous les Hafside. Son ancêtre
serait originaire de la tribu des Ait-Rorbi.
Vers 1512-1514
Ahmed-OUALKADI aide ARROUDJ dans son entreprise de conquête
de villes Algériennes en lui facilitant en 1516 la traversée
de la Kabylie. Ce dernier se dirigeant vers Alger évite
un détour par le sud du Djurdjura.
Le royaume
de Koukou dont l’emprise s’étendait sur la
Grande Kabylie montagneuse amorce un déclin vers 1550,
après un sanglant affrontement contre la Kalaa des Béni-Abbes.
Certaines tribus conseillées par les Marabouts fraîchement
installés s’opposent au règne de ce que les
légendes retiennent comme une tyrannie.
L’organisation
administrative et politique de la région se fonde en une
présence militaire tout à fait réduite. Les
forces Turques stationnées en permanence à BOUIRA,
BOGHNI, TIZI-OUZOU ont été estimées à
154 hommes.
L’administration
est indirecte et se fait par le biais d’alliés, personnages
ou tribus. En outre lorsque les turcs désiraient exercer
une pression, ils recouraient à l’argument stratégique
du blocus par l’interdiction de circuler, de pénétrer
sur les marchés des plaines. Le contour administratif est
globalement le suivant :
CAIDAT de
Boghni : tutelle de 03 tribus
CAIDAT du
Sébaou : Bordj-Sébaou et Bordj de Tizi-Ouzou, tutelle
de 14 tribus. |